Pourquoi installer des barrières physiques?

L’aménagement d’une barrière physique à l’entrée des poulaillers sera bientôt obligatoire dans tous les élevages de poulets canadiens. De plus amples informations sur cette nouvelle exigence sont disponibles sur cette page. Quelques motifs importants ont conduit à la décision de resserrer cette exigence : passons-les en revue ici.

Incidence de l’influenza aviaire

Le secteur de la volaille a connu quatre années consécutives d’épidémie d’influenza aviaire, ce qui a entraîné des coûts opérationnels, commerciaux et d’atténuation.  Les coûts liés à la santé animale, au commerce et aux affaires pour les producteurs, le gouvernement fédéral et toutes les parties prenantes du secteur sont immenses. 

Recherche scientifique

Des recherches ont montré que les pratiques actuelles en matière d’entrée dans les poulaillers ne sont pas toujours optimales, que ces lacunes ont d’énormes conséquences économiques et qu’un protocole plus strict à l’entrée des poulaillers peut contribuer à réduire les intrusions de virus et de bactéries. Un résumé plus détaillé des résultats scientifiques concernant les barrières physiques et leurs avantages est disponible ici.

Une « ligne clairement identifiée » ne suffit plus

La norme minimale actuelle exige de tracer une ligne claire pour délimiter les zones « non contaminées » et « contaminées », en guise de rappel visuel. Or, une telle démarcation ne permet pas de bien séparer les chaussures de la zone d’accès contrôlé de celles de la zone d’accès restreint ni d’empêcher les matières organiques de passer d’une zone à l’autre. Une étude menée dans des élevages de volailles canadiens a révélé que les probabilités de respecter les zones d’entrée et de sortie étaient cinq à neuf fois plus élevées lorsqu’il y avait une barrière physique que lorsqu’il y avait une ligne (Racicot et coll., 2012).

Rapports de l’ACIA sur les installations infectées

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a recueilli des données sur toutes les installations infectées pendant l’épidémie et a identifié les principales possibilités d’amélioration. La priorité numéro un consistait à améliorer les entrées des bâtiments d’élevage. En effet, leur conception et leur utilisation actuelles augmentaient le risque de contamination croisée entre les deux zones.

Introduction de l’influenza aviaire dans les bâtiments d’élevage

L’influenza aviaire peut pénétrer dans un poulailler par déplacement physique (par exemple avec le personnel, le matériel ou les animaux nuisibles) ou par propagation aérienne. Bien qu’il n’existe pas de solution miracle pour prévenir les infections par le virus de l’influenza aviaire, il est dans l’intérêt du secteur d’exiger de mettre en place une barrière physique correctement conçue et utilisée afin de limiter ces risques pour les troupeaux.

Aménagement d’une barrière physique

Dans bien des cas, l’aménagement d’une barrière physique sera simple. Cependant, dans certaines exploitations, ce changement pourrait s’avérer de plus grande envergure et requerra donc plus de temps ou de travaux. De nombreuses solutions s’offrent aux producteurs; chaque poulailler nécessite une conception qui lui est propre, en fonction de l’espace disponible et du protocole d’entrée. Pour vous aider, une série de vidéos et de fiches d’information sont disponibles. Elles présentent le protocole d’entrée approprié ainsi que différentes options de conception.

Option de financement

Si vous avez une exploitation où des travaux de construction sont nécessaires pour mettre en place la barrière physique exigée, vous pouvez bénéficier d’un financement dans le cadre du Programme d’investissement à la ferme pour la volaille et les œufs. Les améliorations en matière de biosécurité sont des dépenses admissibles dans le cadre de ce programme.

 

Références

Racicot M., Venne D., Durivage A. et Vaillancourt J. P. Evaluation of strategies to enhance biosecurity compliance on poultry farms in Québec: Effect of audits and cameras. Preventive Veterinary Medicine. 2012, (103), p. 208 à 218.