
Ce congrès, qui a lieu tous les quatre ans, rassemble des chercheurs et des experts en aviculture du monde entier dans le but de partager les résultats de leurs recherches et leurs nouvelles idées, et de discuter des avancées scientifiques et pratiques. Cette année, c’est le Canada qui a accueilli le congrès à Toronto. L’événement a réuni plus de 2 000 participants représentant 66 pays, parmi lesquels des chercheurs, des professionnels de l’industrie, des représentants du gouvernement et des acteurs du secteur avicole au sens large. Les Producteurs de poulet du Canada (PPC) ont remis des bourses de voyage à des étudiants de deuxième cycle en sciences avicoles : Megan Chicoine (Université de Montréal) et Asha Ranaraja (Université de la Saskatchewan) en ont été les lauréates. Les membres du personnel des PPC étaient également présents au congrès afin de se tenir au courant des dernières avancées de la recherche avicole pertinentes pour notre secteur, ainsi que pour nouer des contacts et échanger des idées avec d’autres acteurs de l’industrie.

Le Dr Frank Mitloehner, de l’Université de la Californie à Davis, a prononcé un discours liminaire au cours duquel il a évoqué l’augmentation prévue de la demande en produits avicoles d’ici 2050. Il a mis en avant une étude mondiale (en anglais uniquement) portant sur les moyens de réduire les émissions grâce à des mesures ciblant à la fois l’offre et la demande dans le secteur de la production animale. Globalement, cette étude a montré que l’amélioration de la productivité, de la reproduction et de la santé animale peut avoir une incidence positive plus importante sur la réduction des émissions que les changements alimentaires, comme la diminution de l’apport en protéines animales. La volaille figure parmi les espèces d’élevage les plus efficaces sur le plan des ressources; elle a connu d’énormes progrès en matière de productivité tout en réduisant son impact sur l’environnement, ce qui la place en bonne position pour répondre aux besoins croissants en protéines. Toutefois, il est essentiel de continuer à innover pour atteindre les objectifs futurs en matière de développement durable. Le Dr Mitloehner a souligné que la confiance est aujourd’hui le bien le plus précieux dont dispose notre secteur auprès du public; nous devons tous contribuer à la renforcer et à la préserver pour assurer notre croissance future.
André Diler, doctorant à la Plateforme IA-Agrosanté (PIAAS) de l’Université de Montréal, a présenté les premiers résultats d’un projet financé en partie par les Producteurs de poulet du Canada. Le projet vise à déterminer si l’intelligence artificielle (IA) pourrait être utilisée pour prédire et réduire les taux de cellulite chez les poulets de chair. En 2025, 10 millions de carcasses de poulets de chair ont été déclarées impropres à la consommation, dont 72 % en raison d’une cellulite causée par la bactérie E. coli, qui pénètre dans la peau par des blessures ou des égratignures. M. Diler a souligné que l’un des principaux défis actuels ne réside pas dans la technologie en soi, mais dans l’écosystème des données : l’IA ne peut atteindre son plein potentiel que si elle s’appuie sur des mégadonnées. Pour y parvenir, il faut intégrer un plus grand nombre d’exploitations agricoles, recueillir des données à haute résolution (p. ex., des mesures horaires provenant de capteurs) et consigner systématiquement les renseignements liés à la santé, tels que l’utilisation d’antimicrobiens, la mortalité et d’autres variables relatives à la production et à la santé animale. Les résultats préliminaires de l’étude réalisée dans des exploitations agricoles et des usines de transformation du Québec suggèrent que le stress thermique chez les volailles pourrait servir d’indicateur pour prédire les taux de cellulite. La température et l’humidité du poulailler, ainsi que les écarts par rapport à la zone de confort idéale des volailles, semblent tous être en corrélation avec l’apparition de la cellulite. Toutefois, les chercheurs ont besoin de résultats plus solides et plus cohérents avant de pouvoir proposer des interprétations ou des recommandations concrètes aux éleveurs. La prochaine étape du projet consistera à intégrer d’autres fabricants de capteurs et usines de transformation, ainsi que de nouvelles variables, afin d’améliorer la capacité prédictive de nos modèles et de mieux comprendre les facteurs associés à l’apparition de la cellulite.
Voici un aperçu d’autres travaux de recherche dont nous avons pris connaissance :
Cela ne représente qu’un tout petit aperçu des nombreux projets de recherche présentés au cours de ce congrès de quatre jours. Vous trouverez ici la liste complète des résumés des présentations se trouve ici (en anglais uniquement). Ne manquez pas notre prochaine infolettre pour découvrir d’autres moments forts du congrès.