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Choix dans l’alimentation animale: le principal levier de performance environnementale

Août 6, 2026

Comprendre l’empreinte environnementale du poulet canadien commence souvent par l’alimentation animale. L’analyse du cycle de vie (ACV), mise à jour en 2025 à partir de données de 2023, confirme que les aliments pour animaux représentent environ la moitié des impacts totaux du secteur, depuis les troupeaux reproducteurs jusqu’à la sortie de l’usine de transformation, soit davantage que l’énergie utilisée dans les poulaillers, le transport et la transformation réunis. Chaque tonne d’aliments porte en elle l’empreinte des terres agricoles qui ont servi à la produire : engrais, carburant, terres et eau.

C’est également pour cette raison que l’alimentation constitue le principal levier du secteur. Lorsqu’il faut moins d’aliments pour produire un kilogramme de viande, tous les impacts en amont diminuent simultanément : moins de terres cultivées, moins d’engrais et moins de chargements de camions. Une seule amélioration de l’efficacité alimentaire permet de réduire à la fois les émissions de carbone, l’utilisation de l’eau et l’occupation des terres, ce que peu d’autres pratiques peuvent accomplir.

Les changements depuis 2016

L’indice de conversion alimentaire national s’est amélioré d’environ 6 % entre 2016 et 2023, passant en moyenne d’environ 1,7 à 1,6. Au cours de la même période, le poids vif moyen à la mise en marché a augmenté d’environ 9 %, passant de 2,17 à 2,32 kilogrammes. L’amélioration de la génétique, de la nutrition et de la gestion quotidienne a contribué à ces résultats.

Les aliments eux-mêmes sont également devenus moins intensifs en carbone. L’intensité carbone d’un kilogramme d’aliments pour poulets à griller a diminué d’environ 10 %, principalement en raison de changements dans leur composition plutôt que d’un ingrédient en particulier. Ensemble, l’amélioration de l’indice de conversion et l’utilisation de rations à plus faible impact expliquent en grande partie la réduction de 6 % de l’empreinte du poulet canadien au cours de ces sept années.

De petits ingrédients, mais des impacts importants

L’un des constats les plus utiles de l’évaluation concerne la répartition très inégale de l’empreinte entre les différents composants de la ration. À poids égal, les acides aminés synthétiques comme la lysine, la méthionine et la thréonine, ainsi que les prémélanges, peuvent avoir un impact de 10 à 20 fois supérieur à celui des céréales. Cela s’explique principalement par le fait que les procédés de fermentation utilisés pour produire les acides aminés consomment d’importantes quantités d’électricité et de gaz naturel.

Ces ingrédients représentent une faible proportion du régime alimentaire, mais une part significative de son empreinte. Ainsi, de légères variations de leur taux d’incorporation peuvent avoir une incidence plus importante sur l’empreinte globale que la plupart des producteurs pourraient le penser.

Cela ne signifie toutefois pas qu’il faudrait les éliminer. Les acides aminés contribuent directement aux bons indices de conversion actuels, et leur réduction entraînerait probablement une perte de performance supérieure aux gains environnementaux obtenus. L’enjeu est plutôt la précision : les taux d’incorporation devraient être fondés sur les données récentes concernant les troupeaux plutôt que sur les habitudes.

Les coproduits illustrent la situation inverse. Des ingrédients comme les drêches de distillerie de maïs et les sous-produits de boulangerie ont une faible empreinte, puisqu’ils proviennent d’autres industries. Leur proportion dans les rations canadiennes est d’ailleurs en augmentation.

Ce que les producteurs font déjà

Le sondage mené auprès des producteurs en 2025 montre qu’une grande partie de ce travail est déjà en cours. Un peu plus de 80 % des aliments sont distribués sous forme de granulés. Environ la moitié des répondants utilisent déjà des additifs alimentaires et environ la moitié pratiquent l’alimentation de précision. En tenant compte de ceux qui prévoient adopter ces pratiques au cours des cinq prochaines années, ces deux approches devraient bientôt être utilisées par plus de la moitié du secteur. L’utilisation de sous-produits demeure moins répandue, soit dans environ le quart des fermes.

Le sondage fait toutefois ressortir une mise en garde. Plus de la moitié des producteurs ne s’attendent pas à réduire davantage leur indice de conversion alimentaire au cours des cinq prochaines années, et environ un sur dix estime que son indice est déjà optimal dans les conditions actuelles. En revanche, environ le tiers des répondants considèrent qu’il existe encore une marge d’amélioration.

Les gains les plus faciles ont déjà été réalisés. Il reste maintenant à préserver ces acquis et à trouver de plus petites marges d’amélioration dans un plus grand nombre de secteurs.

Des pistes pratiques à explorer

Où un producteur devrait-il donc concentrer ses efforts? Les recommandations de l’évaluation, combinées aux pratiques déclarées par les producteurs eux-mêmes, font ressortir quelques pistes concrètes.

Il est recommandé de revoir régulièrement le programme d’alimentation avec un nutritionniste, et non uniquement lorsque les prix changent. Il faut notamment vérifier si les niveaux d’acides aminés et de prémélanges sont appuyés par les résultats récents des troupeaux.

Les producteurs peuvent également demander à leurs fournisseurs quels coproduits ou nouveaux ingrédients sont disponibles dans leur région et si des renseignements sur l’empreinte environnementale des rations achetées sont disponibles.

À proximité du poulailler, la réduction du gaspillage demeure centrale. Les aliments renversés, détériorés ou perdus ont une empreinte environnementale complète, sans produire aucun bénéfice. Les capteurs de silos servant à suivre les stocks, les ajustements apportés aux mangeoires pour limiter les pertes et une meilleure gestion de l’entreposage afin d’éviter la détérioration se reflètent directement dans les indices de conversion.

Plusieurs producteurs sondés ont également mentionné l’ajout de capacité d’entreposage, ce qui permet de réduire le nombre de livraisons d’aliments au cours de l’année. Tout au long de ce processus, il demeure important de suivre l’indice de conversion d’un troupeau à l’autre. La constance et la qualité des données permettent de détecter les problèmes plus rapidement que n’importe quelle technologie prise isolément.

L’empreinte environnementale devrait être l’un des facteurs considérés dans les décisions relatives à l’alimentation, mais pas le seul. Le coût, la performance des oiseaux, leur santé et la disponibilité des ingrédients demeurent des considérations essentielles. La bonne nouvelle est que ces objectifs vont généralement dans la même direction : une ration efficace sur le plan de la conversion est très souvent aussi celle qui présente la plus faible empreinte.

Des questions qui méritent d’être posées

Quelques questions peuvent permettre d’amorcer la réflexion, que ce soit avec soi-même, un nutritionniste ou un fournisseur d’aliments :

  • Quand avons-nous examiné pour la dernière fois notre ration en fonction des résultats réels des troupeaux plutôt que d’une formulation standard?
  • Nos taux d’incorporation d’acides aminés et de prémélanges sont-ils appuyés par des données récentes, et pourrait-on les ajuster sans nuire à la performance?
  • Quels coproduits sont disponibles dans notre région, et notre fournisseur possède-t-il des renseignements sur l’empreinte des rations que nous achetons?
  • Connaissons-nous l’indice de conversion alimentaire de chacun de nos troupeaux, et sommes-nous en mesure d’expliquer les écarts entre eux?
  • Quelle quantité d’aliments perdons-nous en raison des déversements ou de la détérioration, et comment pourrions-nous le mesurer?
  • Une capacité d’entreposage accrue ou une meilleure planification des livraisons permettrait-elle de réduire le nombre de camions d’aliments chaque année?

En conclusion

L’efficacité alimentaire constitue à la fois une véritable force de la production canadienne de poulet et sa principale possibilité d’amélioration.

Les progrès réalisés depuis 2016 ne découlent pas d’une seule grande décision, mais d’une multitude de petites décisions prises troupeau après troupeau.

La prochaine phase de progrès suivra le même modèle.

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