Nous sommes là pour vous : Un message des producteurs de poulet canadiens concernant la COVID-19

Les Producteurs de poulet du Canada

« Mais, je suis déjà agriculteur ! » Tous les membres d’une famille donnent leur son de cloche pendant ma visite d’une ferme familiale qui possède un poulailler de poulets à griller.

Par Amanda Brodhagen, The Rural Voice

Qu’il s’agisse de construire un nouveau poulailler ou de diversifier sa ferme d’élevage de volaille et de cultures commerciales, la famille Kuntze s’épanouit de toutes sortes de façons inattendues. Les enfants ont grandi dans la partie rurale du village d’Ellice, dans le comté de Perth, faisant ce que tous les enfants d’agriculteurs font : participer aux corvées dans la grange et rêver qu’ils sont maîtres des lieux en jouant avec leurs tracteurs et leurs animaux de ferme en plastique. Deux des quatre enfants, qui ont vraiment la ferme dans le sang, sont toujours prêts à aider, même à un tout jeune âge. Cette histoire illustre parfaitement ce qui est au cœur même de l’agriculture − la famille et le courage de faire un acte de foi pour faire prospérer une exploitation agricole tout en élevant une famille qui privilégie les meilleures valeurs.

Plus tôt cette année, j’ai appris (en placotant au moulin) que mon voisin Ryan Kuntze se construisait un nouveau poulailler. J’étais très curieuse d’aller voir à quoi ça ressemblait. Bien sûr, Ryan m’a dit que j’étais la bienvenue si je voulais visiter la ferme. Après quelques mois, je m’y suis finalement rendue. Quand je suis arrivée, j’ai vu un petit garçon qui jouait sur la terrasse, d’où on voyait les champs qui n’avaient pas encore été ensemencés. C’était une belle journée ensoleillée et il faisait son « agriculture imaginaire » avec ses tracteurs. J’ai ouvert la conversation en disant : « Salut, mon grand, où sont tes parents ? » Pas du tout gêné, il m’a dit qu’ils étaient occupés dans la maison. Je lui ai demandé quel était son nom. « Je m’appelle James », a-t-il répondu. En s’amusant avec ses jouets John Deere, il a commencé à m’expliquer dans quel champ on allait planter quoi. J’étais très impressionnée par son vif intérêt pour la ferme familiale. En attendant que Ryan nous rejoigne sur la terrasse, j’ai demandé à James quel âge il avait. « Quatre ans », s’est-il exclamé en me montrant quatre doigts avec sa main droite.

J’ai pensé en moi-même que c’était épatant de voir un si jeune enfant à ce point éveillé et informé de ce qui se passait sur sa ferme. Après quelques minutes, Ryan est sorti de la maison avec son fils Arran, 3 ans. Mandy finissait de ranger les accessoires de peinture, car ils avaient repeint l’intérieur de la maison de ferme la veille. Pendant que nous nous dirigions vers le nouveau bâtiment, les deux petits garçons me racontaient avec un enthousiasme débordant tout ce qui se passait.

Construire un nouveau poulailler n’était pas une mince affaire pour les Kuntze, mais ils croyaient qu’il fallait le faire pour demeurer compétitifs dans leur entreprise agricole et pour élever une famille confortablement. Ils avaient déjà un poulailler de poules pondeuses, mais le nouveau bâtiment pouvait abriter la quantité incroyable de 16 000 à 18 000 poulets à griller. Au mois d’août, l’occasion s’était présentée d’acheter des contingents et, comme Ryan l’a expliqué, ils avaient dû prendre une décision rapidement. En ajoutant des poulets à griller, ils diversifiaient leurs activités commerciales tout en demeurant dans le domaine de la volaille.

Ryan a expliqué comment sa famille en était arrivée là, alors que nous visitions le nouveau poulailler, qui venait de recevoir son premier lot de poussins. Il en avait plein les bras en essayant de me décrire l’opération, car il devait surveiller les garçons de près pour s’assurer qu’ils ne marchent pas accidentellement sur les poussins qui se promenaient dans tous les sens en pépiant joyeusement. James faisait bien attention et je voyais qu’il prenait le travail très au sérieux, tandis que son frère cadet Arran était tout absorbé dans l’excitation des petits poussins duveteux. À un moment donné, j’ai demandé à James s’il voulait être un agriculteur quand il serait grand. Il s’est arrêté, m’a regardé droit dans les yeux et m’a répondu fièrement, dans ses bottes de caoutchouc : « Mais, je suis déjà agriculteur ! »

J’étais sous le charme. Il était un vrai petit agriculteur. C’est bien possible que les deux frères soient la prochaine génération d’agriculteurs en suivant un jour les traces de leur père, de leur grand-père, Howard, et de leur arrière-grand-père, Russell.

Mandy, qui est venue nous rejoindre dans le poulailler, m’a expliqué que pour concilier l’agriculture et la famille, il fallait deux choses : de l’organisation et de la flexibilité. En surveillant les activités des enfants, s’occuper d’une maison et d’une ferme est plus qu’un emploi à temps plein. Elle a souligné combien il est essentiel d’être bien organisé, mais qu’il est tout aussi important d’être flexible, « parce que les plans les plus détaillés et la meilleure organisation au monde peuvent dérailler en un clin d’œil », a-t-elle prévenu. « Chaque membre de la famille doit faire des sacrifices personnels éventuellement et c’est peut-être ça qui est le plus difficile dans une famille agricole. Ceci dit, on ne changerait ça pour rien au monde. »

La famille préparait l’expansion de la ferme depuis déjà deux ans. « C’est certain qu’il y a un risque quand on veut prendre de l’expansion, mais avec la gestion de l’offre, on pensait que c’était un risque calculé et raisonnable. Il faut vraiment que tout le monde travaille en équipe. Quand il faut s’occuper de l’entretien ménager, des corvées et des activités des enfants en même temps, je t’assure que c’est tout un défi ! On savait que ce serait difficile à court terme, mais il faut voir loin dans l’avenir et pour nous, cela inclut la succession pour les enfants quand viendra le temps de notre retraite », a fait remarquer le couple.

En parlant de ce qui attendait la famille et de ce qu’elle souhaite pour l’avenir, Ryan a dit espérer que ses enfants puissent pratiquer l’agriculture un jour, comme lui.

« Je vis sur cette ferme depuis environ 13 ans, avec le premier poulailler de poulettes qui a été construit ici. J’ai toujours voulu prendre de l’expansion un jour et léguer la ferme à mes enfants. »

« Je suis arrivé sur la ferme dans la jeune vingtaine, tout près de l’endroit où j’ai grandi sur une ferme d’élevage de bovins et de cultures commerciales. Je dois une fière chandelle à mon père, qui m’a beaucoup aidé. Nous avons visité ensemble plusieurs fermes, certaines dans les environs et d’autres plus éloignées. Après avoir visité quelques autres fermes d’élevage de volailles et une ferme d’élevage de porcs, on a eu l’opportunité d’acheter cette exploitation tout près de chez nous. Vous comprenez bien qu’on a profité de l’occasion. Je ne serais sûrement pas ici sans l’aide précieuse de mes parents; l’agriculture exige un gros investissement de capitaux, alors sans aide c’est presque impossible de se lancer en affaires. Chaque jour je remercie le ciel que mes parents aient été capables et désireux de m’aider. J’aimerais tellement faire la même chose pour mes enfants. »

« Je crois qu’ils auront la meilleure chance de réussir si nous continuons à investir dans un secteur agricole en régime de gestion de l’offre. On espère que certains de nos enfants voudront prendre la relève de la ferme un jour. L’agriculture nous apporte tellement de fierté dans nos activités quotidiennes ! »

Venez l’article tel que publié dans Rural Voice ici. (Anglais seulement)