Commerce

Le poulet importé comme poule de réforme

Problème

Certains importateurs déclarent frauduleusement la viande de poulet à griller comme « volaille de réforme » afin d’échapper aux contrôles à l’importation du Canada.

Il ne s’agit pas d’erreurs administratives, mais d’un étiquetage intentionnellement erroné. Cette situation nuit au système commercial du Canada, coûte des emplois aux Canadiens, réduit les recettes fiscales et affaiblit la salubrité alimentaire en perturbant la traçabilité en cas de rappel.

Les données indiquent que ce problème persiste et atteint actuellement un niveau sans précédent.

Qu’est-ce que la volaille de réforme?

Les volailles de réforme sont des poules pondeuses transformées pour leur viande à la fin de leur cycle de ponte. Elles sont un sous-produit de la production d’œufs et d’œufs d’incubation et se distinguent des poulets à griller élevés précisément pour la production de viande.

Dans le cadre commercial du Canada :

  • Les importations de poulet à griller sont assujetties à des contingents tarifaires (CT) et à des contrôles à l’importation.
  • Les poules de réforme ne sont pas assujetties aux contingents tarifaires ni aux contrôles à l’importation.
  • Lorsqu’elles proviennent des États-Unis, les importations de poules de réforme sont illimitées et exemptes de droits de douane.

Comme il peut être difficile de distinguer visuellement la viande de poulet de chair de celle des volailles de réforme, certains importateurs étiquettent délibérément la viande de poulet de chair comme étant de la volaille de réforme dans le but de contourner les règles d’importation du Canada. 

Données de 2025 : un signal clair d’étiquetage frauduleux

D’après l’analyse sectorielle, des importations supérieures à 60 millions de kilogrammes constituent d’emblée un signal d’alarme.  Atteignant 115 millions de kilogrammes, le volume pour 2025 est près du double de ce seuil.

Converties en équivalents de poulets entiers, ces importations représentent 93 % de la production totale de volailles de réforme aux États-Unis.

Les États-Unis vendent également la volaille de réforme sur leur marché intérieur, en plus d’en exporter vers d’autres marchés internationaux. Le fait que le Canada importe à lui seul l’équivalent de 93 % de la production totale des États-Unis constitue une anomalie manifeste et une preuve sans équivoque que l’étiquetage frauduleux persiste.

Conséquences pour l’économie et la salubrité alimentaire

Les importations illégales ne constituent pas seulement un problème commercial technique : elles ont aussi de graves répercussions économiques et sur la traçabilité alimentaire.

D’après les données de 2025, les importations frauduleuses sont associées à :
• La perte d’environ 3 600 emplois canadiens
• La perte de 394 M$ en activité économique
• La perte de 129 M$ en recettes fiscales

En outre, le risque pour salubrité alimentaire est important.

Lorsque la viande est mal étiquetée entrant au Canada, sa traçabilité est compromise. Si ce produit entre dans la chaîne d’approvisionnement canadienne sous de fausses déclarations, il devient plus difficile de l’identifier et de le retirer du marché en cas de rappel, ce qui affaiblit la protection des consommateurs.

Une solution pratique : le test d’ADN

Mis au point à l’Université Trent, un test d’ADN scientifiquement validé permet de distinguer la viande de poulet de chair de celle de volaille de réforme.

Les Producteurs de poulet du Canada ont soutenu la mise au point de cette innovation et préconisent son adoption dans le cadre du processus de vérification des importations du Canada.

Les tests d’ADN constitueraient une méthode claire, objective et applicable pour vérifier la classification des produits, ce qui contribuerait à :
• Prévenir les importations illégales
• Protéger les emplois canadiens et les recettes fiscales
• Accroître la salubrité et la traçabilité des aliments

Engagement du gouvernement – Il est temps d’agir

En mars 2025, le gouvernement du Canada s’est engagé à lutter contre la fraude liée aux volailles de réforme et à élaborer un plan d’action visant à renforcer les mesures de détection. (Cliquez ici pour consulter l’annonce officielle faite par Kody Blois, alors ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire et du Développement économique rural, ainsi que David McGuinty, ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile.)

Les importations illégales atteignant toujours des niveaux records, cet engagement doit désormais se traduire par des mesures concrètes. La mise en œuvre des tests d’ADN est une étape essentielle pour garantir le respect et l’application adéquate des règles d’importation du Canada.

Cliquez ici pour consulter la fiche d’information sur la fraude liée aux volailles de réforme et les mesures nécessaires pour y remédier.