Que font les producteurs à ce sujet?

Cet enjeu est très important pour les producteurs de poulet. Ils veulent, eux aussi, préserver les options de traitement efficace pour leurs enfants et leur famille.

Les producteurs de poulet du Canada, et bien sûr l’ensemble de l’industrie du poulet, travaillent en étroite collaboration, et dépensent des millions de dollars sur la recherche afin de mieux comprendre le système immunitaire du poulet et étudier les solutions de rechange aux antibiotiques. Nous avons proactivement mis en œuvre une stratégie à l’échelle du secteur pour contrôler, surveiller et réduire l’utilisation d’agents antimicrobiens en travaillant de pair avec les partenaires de l’industrie et du gouvernement afin de protéger la santé et le bien-être de la volaille. La disponibilité continue d’agents antimicrobiens, ainsi que leur utilisation responsable subséquente, sont importantes pour la protection de la santé et du bien-être de la volaille.

La stratégie de l’industrie de la volaille comprend :

  1. la définition de l’utilisation d’agents antimicrobiens et l’analyse des tendances de résistance aux agents antimicrobiens;
  2. l’examen des pratiques exemplaires de gestion;
  3. l’assurance de mesures de contrôle efficaces visant l’utilisation d’agents antimicrobiens au Canada;
  4. la sensibilisation des intervenants sur les enjeux de l’utilisation d’agents antimicrobiens et de la résistance à ces derniers;
  5. la recherche sur les produits alternatifs et la détermination de leur disponibilité.

De plus, l’industrie du poulet a élaboré une stratégie sur l’utilisation d’agents antimicrobiens qui implique la réduction, la surveillance, la sensibilisation et la recherche, et éliminera l’utilisation préventive d’antibiotiques de Catégorie I d’ici la fin de 2018, et a fixé un objectif consistant à éliminer l’utilisation préventive d’antibiotiques de Catégorie III d’ici la fin de 2020.

À la ferme, depuis 1998, les producteurs de poulet ont mis en œuvre un Programme d’assurance de la salubrité des aliments à la ferme (PASAF) obligatoire pour normaliser les pratiques de production en matière de salubrité alimentaire, dans le cadre duquel toutes les fermes reçoivent des audits annuels. Une partie de ce programme comprend un formulaire de déclaration qui est envoyé avec chaque troupeau à la transformation. Les vétérinaires de l’Agence canadienne d’inspection des aliments vérifient ces rapports pour déterminer que les antibiotiques ont été utilisés conformément à leur étiquette ou avec une ordonnance vétérinaire, et que les antibiotiques sont utilisés à la dose appropriée pour l’application appropriée. Tout produit qui échoue cette enquête n’est pas autorisé sur le marché. De plus, dans le cadre de l’audit annuel du PASAF, les auditeurs passent en revue l’utilisation d’antibiotiques et s’assurent que les temps de retrait sont respectés. Il faut également se rappeler que la majorité de l’utilisation d’antibiotiques à la ferme est supervisée par un vétérinaire, soit à la provenderie ou par l’entremise du vétérinaire du producteur.

  • La « feuille d’information sur le troupeau » est un formulaire utilisé par les producteurs pour consigner des renseignements spécifiques concernant des choses telles que la provende, les antibiotiques, les médicaments ou les vaccins utilisés, le nombre d’oiseaux placés.
  • Une feuille préliminaire est envoyée au transformateur trois ou quatre jours avant le troupeau, et l’information complète sur le troupeau est requise sur la feuille d’information sur le troupeau avec l’expédition en soi.
  • S’il y a eu des violations graves (processus illégaux, temps de retrait non respectés, etc.), le vétérinaire de l’ACIA qui travaille à l’usine n’approuvera pas l’abattage de ces oiseaux, et le producteur ne sera pas payé.
  • Tout producteur en violation du Programme d’assurance de la salubrité des aliments à la ferme peut faire l’objet de pénalités sévères.

Les producteurs participent aussi de façon active au financement de la recherche examinant la résistance aux agents antimicrobiens et les solutions de rechange à l’utilisation d’antibiotiques, de l’ordre de plusieurs millions de dollars.

Les Producteurs de poulet du Canada collaborent avec le Programme intégré canadien de surveillance de la résistance antimicrobienne (PICSRA) de l’Agence de santé publique du Canada pour mener de la surveillance à la ferme pour assurer le suivi de la résistance aux antibiotiques et de leur utilisation.

Ce programme de surveillance, de pair avec un groupe de partage d’information collaboratif entre le gouvernement et l’industrie offrira une perspective plus approfondie sur l’utilisation d’antibiotiques et la résistance à ces derniers dans le secteur du poulet canadien. Ainsi, cela nous aidera à déterminer les politiques futures sur les antibiotiques.

L’Agence de santé publique du Canada, par le biais du PICSRA — qui est actif depuis 2002 — assure la  surveillance aux points de transformation et de vente au détail pour évaluer les tendances de résistance aux agents antimicrobiens. Cette surveillance à la ferme plus récente constitue un autre morceau du casse-tête et devient une partie du rapport plus général du PICSRA qui est utilisé par l’industrie et le gouvernement pour orienter les politiques en matière de santé publique.