La gestion de l'offre

Enjeux auxquels est confrontée l’industrie du poulet

Aujourd’hui, la mode est aux produits locaux. Et pourquoi pas? Le fait d’appuyer nos producteurs locaux aide leur communauté, son économie, et garantit l’obtention d’aliments frais et de qualité, et ce, d’une source que vous connaissez. Récemment, on parle beaucoup d’ouvrir plus grand le marché aux importations, supplantant ainsi les aliments locaux et fiables auxquels les Canadiens ont confiance et plaçant le moyen de subsistance des familles de producteurs à risque.

Non seulement ça, mais les règles commerciales sont essentielles à l’industrie du poulet au Canada de sorte que nous puissions maintenir les trois piliers fondamentaux de la gestion de l’offre : le prix à la production, la discipline de production et le contrôle des importations. Afin d’assurer la stabilité du marché pour tous les intervenants de la chaîne d’approvisionnement canadienne de poulet, le volume de produits importés doit être prévisible afin d’élever une quantité suffisante de poulet en réponse aux besoins du marché canadien.

Le contrôle des importations, l’un des trois piliers de la gestion de l’offre, doit constamment faire face à de multiples facteurs : le Programme d’exonération des droits, la poule de réforme et les mélanges définis de spécialité.

De quoi s’agit-il? Regardons ça de plus près!

Programme d’exonération des droits

Qu’est-ce que le Programme d’exonération des droits? Selon le site Web, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), le Programme d’exonération des droits accorde une exonération du paiement des droits, au moment de l’importation, sur les marchandises importées qui seront, à terme, exportées dans le même état ou après avoir été consommées, absorbées ou utilisées dans le traitement d’autres marchandises.

Pourquoi est-ce important pour les producteurs de poulet et leur secteur? Le Programme d’exonération des droits géré par l’ASFC n’a pas été conçu pour les produits agricoles et n’offre pas de mesures de protection adéquate pour faire échec aux détournements possibles dans le marché canadien de poulet importé au Canada aux fins de surtransformation et de réexportation.

Que peut-on faire? De façon plus spécifique, nous avons cerné les préoccupations suivantes en ce qui a trait au Programme d’exonération des droits :

  • Les participants ont jusqu’à quatre ans pour réexporter le poulet qu’ils ont importé, ce qui est contraire aux règlements ou aux normes sur la salubrité des aliments du Canada.
  • Les coupes importées de valeur supérieure peuvent être substituées par des coupes de moindre valeur et même par de la poule de réforme, ce qui veut dire que les coupes importées peuvent venir supplanter le poulet élevé par des producteurs du Canada.
  • Le programme est un dédoublement du Programme d’importation pour réexportation d’Affaires mondiales Canada qui a été créé spécifiquement pour les produits agricoles.

À la lumière de ces préoccupations, les Producteurs de poulet du Canada ont présenté des recommandations au gouvernement fédéral selon lesquelles tous les produits de poulet devraient être gérés en vertu du Programme d’importation pour réexportation, qui a été établi tout particulièrement pour les produits agricoles périssables. Le gouvernement du Canada semble être d’accord avec les Producteurs de poulet du Canada, et dans son communiqué de presse du PTP, il a annoncé que les produits laitiers, la volaille et les œufs seraient exclus du Programme d’exonération des droits. Cependant, aucune mesure n’a été prise pour assurer un suivi à cet égard.

Poule de réforme

Qu’est-ce que les poules de réforme? Les poules de réforme sont de vieilles poules pondeuses, un sous-produit de la production d’œufs et d’œufs d’incubation. Alors que les poulets à griller sont élevés pour leur chair, les poules de réforme sont élevées pour produire des œufs et, quand leur productivité baisse, on les transforme pour leur chair.

Pourquoi est-ce important pour les producteurs de poulet et leur secteur? Le poulet qui arrive au Canada doit faire l’objet de contrôles d’importation alors que la poule de réforme en est exemptée : il n’y a pas de limite de la quantité pouvant être importée. En 2012, le Canada a importé plus de viande de poitrine de poule de réforme que tout ce qui a été produit aux États-Unis. C’est donc dire que la viande de poulet a été importée frauduleusement et déclarée comme poule de réforme de manière à contourner les contrôles d’importation.

Malheureusement, il n’existe aucune exigence spécifique d’étiquetage pour la vente au consommateur de poule de réforme. Bien qu’importée comme poule de réforme, la viande peut être vendue sous étiquette de poulet à griller frais. Cette situation trompe le consommateur qui s’attend à acheter du poulet frais canadien et pose des risques aux personnes qui ont des allergies aux œufs.

Que peut-on faire? Les initiatives suivantes pourraient prévenir ces activités frauduleuses potentielles :

  • Les Producteurs de poulet du Canada ont mis au point un test d’ADN qui permet de distinguer entre la chair de poulet à griller et la chair de poule de réforme. Ce test pourrait servir à veiller à ce qu’aucune viande de poulet à griller ne soit pas importée comme poule de réforme dans le but de la soustraire aux contrôles d’importation.
  • Un processus de certification obligatoire de la poule de réforme mettrait fin à la fraude et éviterait l’importation de poulet sous fausses étiquettes.
  • Des étiquettes portant des renseignements véridiques indiqueraient aux consommateurs que la poule de réforme n’est pas du poulet de même qu’elles les informeraient des risques aux personnes qui ont des allergies aux œufs.

Mélanges définis de spécialité

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Qu’est-ce qu’un mélange défini de spécialité? Du poulet combiné à 13 % d’autres ingrédients est étiqueté « mélange défini de spécialité » (MDS) et n’est pas considéré comme du poulet aux fins des contrôles d’importation. En d’autres mots, des produits contenant jusqu’à 87 % de chair de poulet sont généralement non sujets aux contrôles d’importation.

Pourquoi est-ce important pour les producteurs de poulet et leur secteur? Quelques entreprises y ont vu une occasion de contourner les règles commerciales et d’importer encore plus de poulet au Canada. En ajoutant de la sauce à une boîte d’ailes de poulet ou de la farce à une poitrine de poulet non cuite, ces entreprises créent délibérément des produits dont le seul but est de se soustraire aux contrôles d’importation.

Que peut-on faire? La solution est simple et sa mise en œuvre relève entièrement du ressort du gouvernement fédéral. Il suffit que celui-ci rétablisse dans la Liste tarifaire canadienne les exigences relatives à la sauce et à la cuisson qu’il a déjà négociées dans les engagements pris par le Canada à l’OMC.

Notre intérêt à l’égard du commerce international est équilibré. Nous soutenons la position commerciale équilibrée du Canada qui garantit des bénéfices sur le plan de l’accès au marché pour les exportateurs canadiens, tout en préservant l’intégrité des systèmes de gestion de l’offre au Canada. Non seulement ces questions ont-elles une incidence sur la qualité du poulet que vous achetez, mais également sur les emplois et le revenu économique associé au secteur de la volaille.

N’oubliez pas que la gestion de l’offre est la raison pour laquelle vous pouvez trouver du poulet canadien frais, de qualité à votre épicerie locale. Alors, la prochaine fois que vous vous y rendrez, recherchez l’étiquette Élevé par un producteur canadien; ainsi, le poulet que vous achèterez n’est pas seulement élevé au pays, mais il continue de soutenir l’économie canadienne et de créer des emplois stables.