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La gestion de l'offre

DÉBOULONNAGE DE MYTHES 101 : L’effet de la gestion de l’offre sur d’autres secteurs agricoles

Écris par Bernadette Cox

Notre équipe de déboulonnage des mythes est de retour pour déboulonner un autre mythe récent sur la gestion de l’offre. Certaines personnes affirment que la gestion de l’offre est injuste pour la majorité des producteurs canadiens et ne profite qu’à une minorité, soit à environ 10 pour cent de producteurs. Cette affirmation est fausse et sans fondement.

Tout d’abord, il faut savoir que cette affirmation est généralement faite par les experts, et non par les producteurs eux-mêmes. Les producteurs sont un groupe très indépendant et savent qu’ils sont seuls responsables de leurs réussites et échecs. Les producteurs sont des entrepreneurs et prennent leurs propres décisions en matière d’exploitation et de commerce. Comme toutes les entreprises, certaines obtiennent de bons résultats et d’autres pas. Pour cela, celles qui sont moins performantes doivent apporter des améliorations à cet égard ou éventuellement se retirer des affaires.

La gestion de l’offre à l’échelle nationale pour les producteurs de poulet, d’œufs, de dinde et de produits laitiers résulte de la volonté de ces derniers de mieux gérer les approvisionnements au niveau national. Jusque-là, d’énormes quantités excédentaires de lait et d’œufs, puis de volaille, étaient produites et ne pouvaient être vendues à des prix atteignant le seuil de rentabilité. Les entrepôts étaient pleins à craquer, ce qui entrainait la perte d’aliments nutritifs. Si les producteurs parvenaient tout de même à trouver des acheteurs pour l’excédent, ils subissaient néanmoins d’énormes pertes qui ne leur permettaient pas de poursuivre leurs activités. De manière conjointe et démocratique, ils ont donc décidé d’adopter la régulation de la production afin qu’ils puissent mettre l’accent sur l’approvisionnement du marché intérieur sans toutefois faire une production excédentaire qui devrait être vendue à des prix très bas ou jetée. Les producteurs d’autres secteurs ne voulaient pas de limites de production et souhaitaient avoir la possibilité d’accroître leur activité sur les marchés d’exportation. Ces choix étaient et demeurent légitimes et raisonnables dans les deux cas.

Alors, quel impact la gestion de l’offre a-t-elle sur les autres secteurs agricoles ? Aucun. C’est exact : zéro. La gestion de l’offre est propre aux secteurs qui y sont soumis.

Bien que les producteurs sous gestion de l’offre aient très bien réussi, cela n’a en aucun cas compromis les activités des autres secteurs agricoles sur les marchés canadiens et internationaux. En fait, comme l’a souligné le rapport annuel de 2013-2014 sur le commerce mondial de Financement agricole Canada, le Canada est le principal acteur sur les marchés agricoles internationaux par rapport à tous les autres pays en fonction du nombre d’habitants. La gestion de l’offre n’a jamais empêché le Canada de négocier un accord commercial avec un autre pays. Grâce à sa stabilité sur le plan politique et sa rentabilité sur le plan économique, le Canada a démontré qu’il pouvait s’ouvrir à des marchés pour les secteurs d’exportation et maintenir la gestion de l’offre pour les secteurs canadiens du poulet, des œufs, de la dinde et des produits laitiers. En effet, depuis 1989, le Canada a négocié au total 14 accords commerciaux avec 51 pays.

Dans le cadre de la gestion de l’offre, nous élaborons des programmes pour aider ceux qui sont nouveaux dans notre secteur d’activités. Le lancement d’une nouvelle entreprise coûte parfois très cher et l’agriculture nécessite beaucoup de capitaux. Les fermes de grandes cultures requièrent beaucoup de terres ainsi que du matériel d’ensemencement et de récolte. Dans le cas du poulet, les exigences foncières ne sont pas aussi importantes que pour les fermes spécialisées dans les cultures fourragères, mais le quota de production doit être acheté au début. Beaucoup d’offices provinciaux ont mis en place des programmes de prêts aux producteurs débutants pour aider ces derniers à commencer la production de poulets et à l’augmenter ensuite. Les exploitations de poulets sont des entreprises familiales indépendantes et les programmes d’aide aux producteurs débutants continueront de les maintenir ainsi.

La gestion de l’offre est une réponse typiquement canadienne à la volatilité des marchés. La demande des consommateurs est rarement statique. Elle change en fonction des changements démographiques, des immigrants issus de pays ayant des préférences alimentaires différentes et des nouvelles sciences liées à la santé humaine et à l’alimentation. Heureusement, la consommation de poulet affiche une tendance à la hausse depuis plusieurs années maintenant, et les producteurs ont réagi à cette situation en augmentant la production. Si la demande diminue – espérons que non – nous pourrons également y répondre.

EN SOMME :

  • Les fermes sont des entreprises indépendantes. Les producteurs sont responsables de la réussite ou l’échec de leurs activités.
  • La gestion de l’offre a été créée de manière démocratique par les producteurs de poulet, des œufs, de la dinde et des produits laitiers et s’applique seulement aux producteurs de ces secteurs.
  • Le Canada s’est ouvert aux marchés internationaux quant à ses secteurs agroalimentaires non soumis à la gestion de l’offre grâce à la négociation au total de 14 accords commerciaux avec 51 pays.
  • Les programmes de prêts aux producteurs débutants aident ces derniers à commencer la production de poulets et à l’augmenter ensuite.

Vous aimeriez que nous déboulonnions d’autres mythes sur la gestion de l’offre? Envoyez-nous vos questions par Twitter en utilisant le mot-clic #JaimeEleveursdePoulet et demeurez à l’affût pour voir votre mythe déboulonné!