
Comment l’influenza aviaire pénètre-t-elle dans les poulaillers? Des chercheurs canadiens et d’autres pays producteurs de volaille s’attachent à trouver des réponses à cette question, alors que nous approchons des quatre ans du début de l’épidémie qui se poursuit toujours.
L’été dernier, les vétérinaires de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) ont visité des fermes qui avaient connu plusieurs éclosions de grippe aviaire afin d’examiner les facteurs de risque potentiels d’introduction du virus. Au total, 13 exploitations ont été visitées, couvrant tous les types de production commerciale (poulets de chair, poulets de spécialité, canards, dindons, poules pondeuses, reproducteurs de poulets de chair).
Voici une liste des facteurs de risque potentiels et des méthodes permettant de les réduire :
Biosécurité à l’entrée du poulailler
Risque le plus élevé : poulaillers où il n’y a pas de changement de bottes entre les zones.
Risque moyen : entrées de poulailler sans délimitation ou qui présentent une ligne de démarcation peinte au sol entre la zone d’accès contrôle (ZAC) et la zone d’accès restreint (ZAR). Certains équipements de protection individuelle (EPI), tels que des combinaisons, du désinfectant pour les mains ou des gants, sont disponibles.
Risque le plus faible : l’entrée du poulailler est équipée d’un banc pour séparer la ZAC et la ZAR et de l’EPI est mis à disposition.
Gestion des mortalités – bac de collecte des carcasses
Risque le plus élevé : les personnes transportant les animaux morts hors du poulailler portent des bottes réservées à une zone intérieure, ou alors le même bac est utilisé dans tous les poulaillers, puis transporté vers le site d’élimination.
Risque moyen : les carcasses sont collectées dans des bacs distincts pour chaque poulailler, puis transportées à l’extérieur aux fins d’élimination.
Risque le plus faible : les carcasses sont rassemblées dans des bacs propres dans chaque poulailler, puis transférées du bac intérieur vers un bac extérieur pour être éliminées.
Gestion des mortalités – compostage
Risque le plus élevé : les carcasses sont enfouies dans un tas de fumier non protégé, par exemple dans un hangar ouvert, accessible à la faune sauvage.
Risque moyen : les carcasses sont enfouies dans un tas de fumier protégé, dont l’accès est difficile par la faune sauvage.
Risque le plus faible : Les carcasses sont éliminées dans un composteur ou un incinérateur fermé, sans accès possible pour la faune sauvage.
Gestion de l’expédition
Risque le plus élevé : les protocoles de détassement et de fractionnement des chargements sont réalisés sur une période plus longue que deux jours.
Risque le plus faible : des protocoles exhaustifs sont appliqués.
Compte tenu des défis que pose l’influenza aviaire et de la présence continue du virus chez les animaux sauvages, il est important de réfléchir de manière critique à tous les moyens par lesquels le virus pourrait potentiellement pénétrer dans le poulailler.
D’autres études en cours en Colombie-Britannique portent sur l’efficacité des systèmes de filtration d’air et le rôle du vent dans la propagation de l’influenza aviaire à l’intérieur des poulaillers et entre ceux-ci. Des chercheurs de Calgary étudient également le mode d’introduction de la grippe aviaire dans les exploitations, notamment la propagation par voie aérienne. En Ontario et au Québec, des chercheurs mènent une étude cas-témoins sur des élevages de dindons infectés et non infectés dans le but d’identifier les facteurs de risque de transmission. Nous ne manquerons pas de vous communiquer les résultats de ces études dès qu’ils seront disponibles.