La viande de poulet est frauduleusement déclarée comme de la poule de réforme dans le but de contourner les contrôles des importations, ce qui enlève non seulement des emplois et du revenu aux producteurs et aux transformateurs canadiens de poulet, mais met également les consommateurs canadiens en danger à cause de la traçabilité rompue de la chaîne alimentaire.

Les poules de réforme sont de vieilles poules pondeuses, un sous-produit de la production d’œufs et d’œufs d’incubation. Alors que les poulets à griller sont élevés pour leur chair, les poules de réforme sont élevées pour produire des œufs et, quand leur productivité baisse, on les transforme pour leur chair.

Le poulet qui arrive au Canada est sujet à des contrôles d’importation alors que la poule de réforme en est exemptée — il n’y a pas de limite à la quantité pouvant être importée. En 2012, le Canada a importé plus de viande de poitrine de poule de réforme que tout ce qui a été produit aux É.-U.

C’est naturellement impossible et indique directement l’existence d’une fraude au niveau des importations. En 2015, le Canada a importé l’équivalent de 95,6 % de l’ensemble de la production américaine de poule de réforme, malgré le fait que les États-Unis exportent de la poule de réforme à d’autres pays que le Canada et qu’il y ait une demande nationale importante pour la viande de poule de réforme. Il y a clairement quelque chose qui cloche..

Cette activité frauduleuse sape non seulement la capacité du secteur du poulet canadien de contribuer à l’économie canadienne, elle menace également les consommateurs canadiens. S’il y avait un rappel lié à la salubrité des aliments concernant le poulet aux États-Unis, la viande de poulet à griller importée ayant été mal étiquetée comme de la poule de réforme à la frontière échaperait aux efforts de rappel de l’Agence canadienne d’inspection des aliments et pourrait causer des maladies graves.

Que doit-on faire?

Le gouvernement du Canada doit mettre en œuvre un processus de certification obligatoire pour la poule de réforme, afin de mettre fin à la fraude et d’éviter l’importation de poulet mal étiqueté. De plus, le gouvernement doit intégrer le test d’ADN élaboré par l’Université Trent qui permet de distinguer entre la viande de poulet à griller et la viande de poule de réforme pour veiller à ce qu’aucune viande de poulet à griller ne soit importée illégalement comme poule de réforme dans le but de la soustraire aux contrôles d’importation.

Le gouvernement canadien doit également exiger que l’étiquetage soit véridique pour informer le consommateur; la poule de réforme n’est pas du poulet et pose des risques aux personnes qui ont des allergies aux œufs ou des allergies connexes.